Respect (Société)

Le vaincu n'est pashumailié

Fragment d'un tableau de Velasquez, Las Lanças, évoquant la reddition de la ville de Breda à l'armée espagnole.

«Le spectateur a réellement le sentiment d’arriver à l’instant précis où Justin de Nassau, chef des troupes hollandaises, remet les clés de la ville de Breda à Ambroglio Spinola, commandant de l’armée espagnole. Ce dernier, dans un geste de suprême élégance, empêche le vaincu de s’agenouiller en posant presque amicalement sa main sur l’épaule du Hollandais qu’il ne veut pas humilier. Les deux hommes se penchent l’un vers l’autre avec humanité et respect alors que l’instant précédent les voyait encore guerroyer l’un contre l’autre avec une ardeur farouche. Leurs deux regards se croisent avec intensité ; à l’attitude humble et abandonnée de Justin de Nassau répond l’esquisse de sourire compatissant et l’aménité d’Ambroglio Spinola.» Source Ichtus

 

Introduction

Les dossiers de la série Le citoyen du Québec ont tous la même structure :IntroductionPrincipe, Renseignements pratiques, Illustrations, Enjeux, Jalons, Vigilance, Sources.

Principe : nous explicitons d’abord le principe.

Renseignements pratiques : il s’agit d’un court guide sur les services correspondant aux aspects de la vie publique : santé…

Illustrations : Personnes, événements, lieux, œuvres illustrant le principe.

Enjeux : le contexte parfois difficile auquel un principe s’applique.

Jalons : étapes, actions significatives marquant le progrès dans le respect d’un principe.

Vigilance :  esprit critique à l'endroit des scandales et autres événements troublants qui détournent la société du principe en cause

Sources : Livres, Revues, Sites, Articles, Vidéos, Audios

Variante

Sollicitude

La sollicitude est le respect inspiré

«Soin plein de souci», dit le Littré. «Soins attentifs et affectueux, constants, prodigués envers une personne... une collectivité... ou un objet», ajoute le Trésor de la langue française.

Dans une note au sujet des soins au malade, Valéry nous donne à penser que la sollicitude est la politesse élevée jusqu'à la poésie. «Une précision confiante. Une sorte d'élégance dans les actes, une présence et une légèreté, une prévision et une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes. C'est une sorte d’œuvre, de poème (et qui n'a jamais été écrit), que la sollicitude intelligente compose.»
Paul Valéry, Œuvres – Mélange, Bibliothèque de la pléiade, Éditions Gallimard, 1957, p. 322.

Le mot sollicitude ainsi défini est celui qui traduit le mieux le mot anglais care, tout en lui ajoutant, ce dont personne ne se plaindra, l'élégance, la grâce, la poésie. «Une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes ». C'est uniquement par un lien de ce genre avec la nature et avec notre humanité  notre habitat au sein de cette nature  que nous pourrons établir un nouveau rapport harmonieux et viable avec elle. Nous sommes dans l'illusion si nous prétendons pouvoir protéger la diversité biologique  uniquement pour des raisons scientifiques relatives à son utilité. Il faut aussi que nous l'aimions, que nous nous sentions touchés par elle.

Occasion de rappeler que le mot environnement est lui-même suspect. Il perpétue l'idée fausse selon laquelle il y a d'un côté les êtres vivants et de l'autre une nature morte, minérale, à laquelle les êtres vivants doivent s'adapter. La réalité est bien différente. C'est la vie elle-même qui a créé avec le temps cette terre-atmosphère qui est son habitat. C'est la végétation, les arbres en particulier qui ont fait monter jusqu'à 21 %  le taux d'oxygène dans l'air. Par nos activités, nous pouvons modifier les équilibres naturels, lesquels nous modifient en retour. Nous sommes notre environnement. C'est l'esprit dans lequel des mouvements comme Villes en transition, inspirés par la permaculture, ont été fondés. C'est la distance et souvent même une hostilité par rapport à la nature qui a permis de la transformer jusqu'à l'excès. C'est une proximité accompagnée de sollicitude qui permettra de rétablir l'harmonie dans nos rapports avec elle.

Ce qui suppose que dans les loisirs et dans l'enseignement une place plus grande soit faite à l'étude gratuite, désintéressée de la nature, à la botanique et à l'ornithologie telles que les pratiquent les amateurs, à l'entomologie telle que la pratiquait l'écrivain Ernst Jünger. Ce qui suppose également des habitats aménagés de telle façon qu’ils favorisent ce rapport intime qui rend la sollicitude naturelle.